Résumé des personnages

Dictionnaire des noms communs

 

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Chroniques d'un Cycle

Les Enfants de Lyth

 

Chapitre 2

 

« Essiah, le Soleil, est né de l’union d’Astres (June) et de Feu (Frryl). Il s'est mis au service de Lyth, dont il dépend par son père, mais garde une certaine indépendance. »

 

- Des Éléments et de leurs rapports entre eux et avec les anges,

compilation faite par Saraqael -

 

La ruelle était sombre, et étroite, comme beaucoup d’autres dans les chaotiques villes démoniaques ; celles-ci semblaient avoir été créées par un architecte particulièrement torturé et manquant drastiquement de sens pratique. Bien sûr, cela était dû au fait qu’aucun plan n’avait été établi à l’avance. Chaque démon pouvait, s’il le désirait, réunir sa famille comme main d’œuvre et se construire un bâtiment personnel.

La multiplication de ruelles et de culs de sac ne cessait d’augmenter, aussi nombre d’entre elles étaient dotées d’échelles qui permettaient d’avoir accès aux toits plats, souvent reliés entre eux pour faciliter les déplacements des rares citadins qui n’étaient pas dotés d’ailes – les autres préféraient généralement survoler la ville. Le sol de terre humide, que n’atteignaient pas les rayons du soleil, était réservé aux miséreux et aux prédateurs.

Rien de surprenant, donc, à voir un jeune homme aux cheveux sombres hanter cet endroit quasi-désert de la ville, veillant à ne pas se faire remarquer du ciel et à ne pas s’attarder en un endroit trop longtemps. Il savait que si un groupe de démons surprenait quelqu’un comme lui, ils ne lui laisseraient aucune chance de survie – ils traitaient ceux de sa race comme des parasites. Quelque part, il en était un.

Il essuya soigneusement le sang qui maculait son visage, puis ses mains, et adossa le corps mou qu’il venait de lâcher contre un mur, yeux clos. Cela lui donnerait un peu de temps. Il parcourut la ruelle du regard – personne – et se dépêcha de tourner au coin.

Il ne vit pas arriver la main qui lui saisit le col pour le plaquer contre un mur. Une vague d’adrénaline se déversa dans ses veines. Pas question de mourir ! La poigne ferme de son assaillant avait saisi sa gorge et commençait à serrer.

Paniquant, il essaya de la faire lâcher, tirant dessus, se tordant contre le mur, et laissa échapper un cri de frayeur…

« Silence, imbécile. Tu vas nous faire remarquer. »

Aussitôt, il se figea. Prenant le temps de regarder qui au juste il avait en face de lui, il laissa échapper un soupir de soulagement.

« Maître Shön… Vous auriez pu me dire que c’était vous !

‒ Tu avais besoin d’une bonne leçon. Ne jamais se promener à l’aveuglette sans sonder à l’avance qu’il y ait ou pas quelqu’un dans les environs.

Il le relâcha, lui permettant de se détacher du mur.

‒ Cesse aussi de paniquer quand quelqu’un te prend à la gorge. Tu n’as plus besoin de respirer depuis un certain temps, à présent.

Le jeune homme rougit.

‒ Désolé, je n’ai pas encore l’habitude…

Son maître fronça les sourcils en voyant ses joues perdre leur couleur pâle.

‒ Et que t’avais-je dit quant aux proies, Ymesh ?

Le jeune homme baissa les yeux.

‒ J’avais si faim… »

La gifle ne le prit pas par surprise, mais il ne fit rien pour l’éviter. Il connaissait le laïus qui allait suivre et savait que son maître avait raison ; seules la torture d’un ventre vide, la faim dévorante que rien ne pouvait arrêter, lui avaient fait outrepasser les règles.

« Jeune imbécile, siffla son vis-à-vis. Si moins d’idiots dans ton genre achevaient leurs proies, peut-être que nous serions mieux acceptés ! »

Son ton était aussi froid et tranchant que la glace sans pour autant s’élever plus haut qu’un murmure, et Ymesh sentit la honte l’envahir. Il détestait décevoir Shön ; non seulement il lui devait tout, mais en plus son maître faisait partie de ces personnes charismatiques dont on ne pouvait que rechercher l’approbation.

Sans cela, jamais Ymesh ne l’aurait suivi.

« Mais commet se contrôler ? protesta-t-il malgré tout. Je fais de mon mieux, vous le savez, mais trois jours déjà que je ne me nourrissais pas… Et c’est tellement rare que j’arrive à me faufiler jusqu’ici ! Je ne pouvais pas ne pas sauter sur l’occasion.

Shön soupira, et posa sa main sur son épaule pour l’entraîner plus loin.

‒ Tu n’as pas besoin de chasser, je le fais pour toi.

‒ Je n’aime pas vous soumettre ainsi aux risques… !

Le regard glacial de son maître le transperça, le forçant à s’arrêter.

‒ Tu préfères tuer, sans doute ? »

Le jeune homme déglutit, secouant la tête. L’autre se pencha vers lui sans le quitter des yeux, implacable, pour lui murmurer :

« N’oublie jamais que chaque fois que tu perds le contrôle, Ymesh, c’est une vie que tu cueilles. L’assouvissement de ta pauvre faim de trois jours n’en vaut pas la peine, et c’est exactement la raison pour laquelle je t’interdis de me suivre quand je monte ici.

L’apprenti acceptait ces remarques, mais il fronça malgré tout les sourcils.

‒ Je sais tout ça, maître, mais nous ne sommes pas seuls ! Vous devez aussi prendre soin d’Anijia, et…

‒ Anijia a cent fois plus d’expérience que toi ! Elle sait comment chasser, et veiller à sa propre nutrition sans aller tuer n’importe qui ici et là ! »

Cette fois, le jeune homme se recroquevilla sous la réprimande. Shön soupira, et lui tapota l’épaule.

« Apprends d’abord à te contrôler. Tu es jeune encore. Il sera temps plus tard pour toi d’apprendre la chasse. »

Il tourna les talons, se dirigeant vers une des sorties de la ville, afin de pouvoir rentrer dans le cercle où ils vivaient.

« Ceci dit, puisque tu as été si désobéissant, ce sera à toi de la nourrir aujourd’hui.

Ymesh lui emboîta le pas sans plus protester.

‒ Oui, maître. »

 

***

 

Un poing ganté de blanc frappa sur la table du conseil, faisant résonner le coup dans toute la pièce.

« Tout cela est totalement inadmissible !

‒ Inadmissible pour les anges, ou juste pour toi, Gabriel ? »

L’archange aux cheveux blonds fusilla du regard celui qui avait osé ainsi interrompre sa démonstration de colère. Saraqael, la personne en question, se contenta de renifler, moqueur.

« Je ne suis pas plus que toi d’accord que nous envoyions une délégation aux démons, mais certainement pas pour des raisons aussi primaires que les tiennes. Par ailleurs, je ne pense pas que nous devions mettre toutes les créatures qui ne sont pas des Enfants de Lyth dans le même sac.

‒ Si elles ont été créées par Sei…

‒ Sei représente certes le Mal, mais Ses créatures ne doivent pas pour autant être toutes maléfiques, intervint Raguel.

Gabriel le regarda comme si une deuxième tête lui avait poussé à côté de la première.

‒ Bien sûr que si !

Uriel intervint dans le débat, conciliante, comme toujours, en tendant les mains pour essayer de leur intimer un peu de calme.

‒ Quel que soit le statut à accorder aux Enfants de Sei, je suis d’accord avec Saraqael. Nous ne pouvons pas considérer les autres espèces de la même manière. Ils ne dépendent pas plus de Lui que nous, qui sommes des créatures de Lyth.

Gabriel croisa les bras.

‒ Très bien, comme vous voulez. Nous nous occuperons d’elles une par une. »

C’était une première victoire. Depuis le début de soirée que la réunion durait, les sept archanges n’avaient guère réussi qu’à expédier les affaires courantes ; une fois que des discussions plus délicates avaient débuté, chacun avait défendu son point de vue avec acharnement, sans céder.

« Quelles sont les espèces intelligentes reconnues, pour l’instant ? demanda ingénument Uriel en regardant Lucifer.

‒ Je ne suis pas le spécialiste, répondit celui-ci, mais nos observateurs ont rapporté qu’il en existait un très grand nombre, vivant toutes dans les Abysses… Celles dont les populations sont les plus grandes sont les suivantes : les elfes, les dragons et les métamorphes. Les autres ont été regroupées dans ce qui est appelé « les fées », ou les faeries. »

Rémiel se pencha sur la table, intriguée.

‒ Quelles sont les spécificités de chacune de ces espèces ?

Lucifer se tourna vers Saraqael.

‒ Je laisse la parole à notre archiviste.

L’archange du soleil inclina la tête pour le remercier, puis se racla la gorge.

‒ Tout d’abord, je tiens à préciser que nous ne sommes pas certains de connaître toutes les espèces habitant les Abysses. De l’Eden, ce sont simplement les plus évidentes, et je ne suis pas certain que mon rapport soit très complet…

Les autres hochèrent la tête afin de souligner qu’ils avaient bien compris ce premier point.

‒ Les elfes sont humanoïdes, mais sont dotés d’oreilles pointues et sont exempts d’ailes. Ils sont généralement plus grands que les anges et moins androgynes ; ils ont plus ou moins les mêmes couleurs d’yeux et de cheveux que nous, à quelques rares exceptions près, rien de notable.

Raguel intervint :

‒ Que considères-tu comme « notable », au juste ?

‒ Eh bien, ils ne sont pas aussi excentriques que les démons, bien que certains aient des pupilles de la couleur de l’herbe ou de l’or, ou des cheveux naturellement gris.

‒ En ce qui concerne la société… ? l’interrompit Raphaël, à la fois impatient et inquiet. »

Ses quelques jours passés dans les Abysses en tant qu’observateur de l’Eden l’avaient beaucoup marqué, mais c’étaient les démons qu’il était allé rencontrer. Lui qui avait été très ouvert au départ avait eu du mal depuis à oublier les habitudes étranges et répugnantes qu’il avait vues.

« Ils ont une société qui comprend plusieurs nations et non une seule, contrairement à nous, mais à part ça ils semblent avoir des habitudes assez semblables aux nôtres. Chaque pays est gouverné par un Roi ou un Prince – sauf une qui a un Gouverneur – et ils sont très hiérarchisés. Parfois, les dirigeants se réunissent tous en un Conseil pour prendre des décisions importantes. Ils ne semblent pas se faire la guerre entre eux.

‒ Sont-ils nombreux ?

‒ Un peu moins que nous. Étant donné qu’ils sont installés sur deux ou trois cercles au plus, et son entourés d’un côté par les démons et de l’autre par nous, je doute que leur population ait une croissance exponentielle, mais ce n’est qu’un avis. »

Saraqael continua ses explications pendant un certain temps avant de passer aux dragons – « moins nombreux mais beaucoup plus puissants, pris individuellement » - puis aux métamorphes – « chacun doté d’un totem animal qui est héréditaire, mais ils ne semblent pas constituer une société en tant que telle, ou rien de très structuré du moins ». Alors qu’il entamait son explication au sujet des faeries, groupe aussi hétéroclite qu’il l’avait indiqué au départ, Gabriel sentit une petite main tirailler sa manche.

« Grand frère… chuchota Ariel d’un ton timide, embarrassé. Excuse-moi de t’ennuyer mais il est l’heure de dormir… Il fait noir dehors. »

L’archange du soleil s’arrêta de parler à l’interruption, fusillant l’enfant du regard. Ariel rentra la tête dans ses épaules et baissa le nez.

« Je voulais pas déranger, mais…

‒ Tu as eu parfaitement raison, Ariel, affirma Gabriel en rendant son regard noir à Saraqael. C’est à moi de m’excuser ; je n’avais pas réalisé que le temps avait passé si vite.

Il se tourna vers Lucifer, interrogateur, et celui-ci soupira.

‒ Je crains de ne pas pouvoir ajourner la réunion tout de suite… Ceci dit, nous pouvons faire une pause. »

Tout le monde approuva, et Gabriel prit la main de son jeune frère pour l’accompagner jusqu’à ses appartements. En regardant les deux garçons blonds s’éloigner, Uriel ne put s’empêcher de sourire.

« Ne sont-ils pas adorables, tous les deux ?

‒ Il n’y a guère qu’Ariel pour calmer son frère, déclara Raguel avec un sourire si innocent qu’il était presque crédible.

Rémiel lui écrasa le pied sous la table, pas si naïve.

‒ N’insulte pas tes pairs, monseigneur du Feu.

Il s’inclina.

‒ Navré, dame du Métal, mais je crains de devoir récidiver ma pensée. Gabriel reste trop campé sur ses positions et refuse d’en discuter.

‒ Parce que celles-ci lui sont dictées par les lois de notre Seigneur, que nous devons tous suivre à la lettre, me semble-t-il.

‒ Certes, mais nous ne devons pas pour autant nous abstenir de réfléchir, et aucune règle angélique nous interdit de parler aux démons, à ma connaissance, ni ne nous oblige d’imposer les lois de Lyth aux créatures qui ne sont pas Ses enfants.

Rémiel médita ces mots.

‒ Sans doute que tu as raison. De toute façon, sans rien savoir sur les démons il nous est difficile de prendre une décision saine, je suppose…

‒Je peux t’assurer que nous en savons plus qu’assez à leur sujet ! intervint Raphaël. Je ne redescendrais pas là en Bas pour tout l’or du monde !

‒ Ce n’est pas ce que nous te demandons, intervint Lucifer, qui avait suivi la conversation avec intérêt depuis le début. Envoyer un deuxième observateur est surtout utile pour avoir un autre point de vue… Nous savons tous que tu as été choqué par ce que tu as vécu dans les Abysses, Raphaël, mais tu n’y étais pas préparé. Alors que maintenant…

Les yeux bleus de l’archange de la foudre brillèrent de colère.

‒ Savoir ce qu’on va trouver là n’aide pas à l’accepter pour autant ! répliqua-t-il sèchement.

Lucifer posa une main sur son bras avec douceur.

‒ Je sais, Raphaël, n’en doute pas. Je préfère juste aller vérifier par moi-même ce que tu nous as raconté ; l’entendre, ce n’est pas le voir en personne. »

L’interpelé allait répondre quand Gabriel revint dans la pièce, présentant ses excuses pour son retard. L’archange de la pureté se réinstalla à sa place, avant de ciller en regardant ses pairs.

« J’ai interrompu une discussion importante ? »

Le ton était à la fois interrogateur et un peu blessé – les autres avaient continué la réunion sans lui, malgré la pausé déclarée. Lucifer s’efforça de lui sourire.

« Excuse-nous, nous sommes repartis dans notre débat sans le réaliser.

Le jeune homme blond accepta son explication d’un hochement de tête et se pencha sur la table.

‒ Où en étiez-vous ?

‒ Eh bien, quels que soient les rapports que nous aurons à entretenir avec les Enfants de Sei à l’avenir, il nous semblait judicieux de nous informer à leur sujet avant de prendre une décision.

Gabriel bondit presque à cette remarque.

‒ Vous voulez dire que vous aller envoyer quelqu’un d’autre en Bas ? »

Son ton choqué soulignait lourdement à quel point il critiquait cette décision. Incrédule, il se tourna vers Rémiel, qui partageait le plus souvent son opinion. Celle-ci soupira, triturant le bout d’une de ses mèches blondes avec un brin de nervosité.

« Si la personne est volontaire et que nous la savons incorruptible… Je pense que c’est une bonne idée. Même si nous devions nous déclarer les ennemis des démons, tout renseignement à leur sujet sera le bienvenu. N’est-ce pas ?

‒ Je reste contre, affirma Raphaël. Inutile de traumatiser une personne de plus.

Lucifer se tourna vers les autres archanges.

‒ Votre avis ?

Raguel haussa les épaules, son éternel sourire aux lèvres.

‒ Mieux vaut savoir à qui nous avons à faire.

‒ Je suis d’accord avec ça, acquiesça Uriel. »

Rémiel, Gabriel et Raphaël s’étant déjà exprimés, Lucifer se tourna vers le dernier d’entre eux : Saraqael. L’homme aux cheveux roux fronça les sourcils, peu convaincu.

« Deux archanges contre, ça a un certain poids. En tant qu’archiviste, je suis de toute façon pour un recueil d’informations… D’un autre côté… »

Il se tourna vers Lucifer, et celui-ci recula légèrement sur sa chaise en remarquant la colère de son vis-à-vis. Ils avaient déjà discuté de ce sujet entre eux et l’archange de la Lumière savait ce que Saraqael en pensait : ils étaient d’accord. Il savait aussi que Saraqael devrait payer de sa personne pour le surveiller, s’il devait Descendre, et que c’était ça le problème.

« Je ne pense pas qu’une surveillance intense soit nécessaire, dit doucement Lucifer. Si une seule personne va en Bas, elle prendra seule les risques. Je suis prêt à le faire, s’il le faut, en tant que représentant de l’Eden mais aussi parce que tout le monde ici sait très bien que je m’intéresse aux Enfants de Sei et suis en faveur d’une Descente. Je n’accepterais pas de laisser quelqu’un d’autre prendre des risques à ma place pour une décision que j’aurais prise.

L’archange du Soleil s’inclina.

‒ Puisque tel est ton choix… Je suis d’accord.

Lucifer se leva.

‒ Je pense que les résultats du vote sont clairs. J’irai dans les Abysses dans deux semaines, le temps de m’y préparer ; en attendant, je déclare la réunion close. Il est temps que nous allions tous nous reposer. »

Gabriel le fusilla du regard, mais inclina la tête, se soumettant à l’avis de la majorité. L’ambiance se détendit alors que les archanges sortaient petit à petit de la pièce, regagnant leurs appartements respectifs.

Laissant les autres s’en aller, Saraqael resta en arrière, rassemblant les feuilles du dossier qu’il avait utilisé pour présenter les différentes espèces. Il n’avait pu en présenter qu’une partie, bien sûr ; quiconque voulant en savoir plus pouvait simplement aller consulter les archives, il n’aurait pas le temps de donner tous les détails en conseil. Ceux-ci duraient déjà bien assez longtemps.

Il referma la farde qui contenait ledit dossier, et sursauta en levant les yeux. Il s’était cru seul, mais s’était trompé. Uriel se tenait devant lui, attendant calmement qu’il ait terminé.

« Excuse-moi de t’avoir effrayé… commença-t-elle.

‒ Ce n’est rien. Il y a un problème ?

‒ Oh non, pas du tout, c’est juste…

Elle hésita un instant, lui faisant froncer les sourcils.

‒ Oui… ?

Elle posa une main sur son bras avec délicatesse.

‒ Fais attention à ta santé, Saraqael. Tu es pâle et épuisé… Ne te surmène pas trop.

Surpris par la remarque, mais pas désagréablement, l’archange du Soleil hocha la tête.

‒ Ne t’en fais pas. Ça ira.

Uriel sourit, rassurée, et retira sa main.

‒ Bon courage dans ce cas ! On se voit demain ? »

Saraqael acquiesça, et ils se séparèrent à la sortie de la pièce, le sourire aux lèvres. C’était agréable, que d’autres s’inquiètent… Il releva le menton, soucieux. Malheureusement, il ne pourrait pas vraiment exaucer le vœu pieu de l’archange du vent ; dans les deux semaines à venir, il aurait beaucoup de travail avec Lucifer, et quand il Descendrait ce serait pire encore. Quoi qu’en dise le Premier né, Saraqael ne comptait pas le laisser aller dans les Abysses sans surveillance. Autrement, n’importe quoi pourrait lui arriver.

Il se permit un soupir fatigué avant de retourner à son bureau. Mieux valait prendre de l’avance pour le lendemain. 

 

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