Chroniques d'un
Cycle
Les Enfants de
Lyth
Chapitre 6
« C’est Lyth
lui-même qui a donné au clan Gabriel le pouvoir d’exorcisme. D’une certaine
façon, ceux-ci sont donc favorisés,
mais ce pouvoir
ne peut être utilisé que contre les créatures de Sei. »
- Des Éléments
et de leurs rapports entre eux et avec les anges,
compilation
faite par Saraqael -
Pour tout ce qui relevait de son rang, Rémiel
était une femme rationnelle, calme, posée, et perfectionniste. Elle détestait
se laisser distraire lorsqu’elle était occupée à un dossier important, et selon
elle, ils l’étaient tous. Après tout, ils concernaient tous l’Eden ou les
anges, qui étaient sous leur responsabilité. Même avec Raguel, seule personne
capable de faire fondre un peu sa façade de froide intransigeance, elle restait
sévère et concentrée tant qu’elle n’était pas dans un moment de temps libre.
Celui-ci était donc fort surpris de la voir
grignoter le bout de sa plume et hésiter à écrire, observant les nœuds du bois
de son bureau. Les archanges comme eux ne pouvaient pas tomber malades, mais
cette certitude n’arrivait pas tout à fait à le rassurer.
« Tu ne te sens pas bien ? »
s’inquiéta-t-il après un long moment d’observation, qu’il étira un peu plus que
nécessaire en tant que bonne excuse pour ne pas travailler lui-même.
Elle sursauta, tirée de sa rêverie, et se permit
une légère grimace en réalisant le peu de besogne qu’elle avait abattue depuis
le début de l’après-midi. Elle posa sa plume avec un soupir, et hésita encore
un instant, se mordillant la lèvre.
« Eh bien ? insista l’archange du feu.
‒ C’est Lucifer…
Il roula des yeux, la faisant froncer les
sourcils.
‒ Je ne comprends pas comment tu peux être
aussi insouciant, s’énerva-t-elle. Il est parti depuis des jours maintenant,
sans que nous ayons de nouvelles ! Tu te souviens aussi bien que moi de
l’expression qu’avait Raphaël en revenant… »
Difficile de l’oublier. L’archange de la foudre
avait été horrifié par ce qu’il avait pu voir dans les Abysses, et, sous le
choc, il n’avait même pas été tout à fait capable d’exprimer avec des mots ce que
faisaient les démons.
Raguel balaya la remarque d’un geste de la main.
« Lucifer est beaucoup moins
impressionnable, malgré les apparences. Raphaël est fort, mais il n’est pas
habitué aux changements et son courage n’a d’égal que son inconscience. Confronté
à une réalité à laquelle il n’était pas préparé, c’est normal qu’il ait
flanché.
‒ Parce que Lucifer sait mieux que nous à
quoi s’attendre ? demanda Rémiel, sans conviction.
‒ Pour commencer, il a le rapport de
Raphaël, alors que Raphaël n’avait rien pour se faire une idée.
‒ Personnellement, ça m’effraie plus
qu’autre chose !
‒ Précisément, sourit Raguel. Il ne peut
qu’être agréablement surpris, plutôt que l’inverse.
Elle fit la moue, mais admit qu’il avait marqué
un point.
‒ Il n’empêche que n’importe quoi aurait
pu lui arriver, depuis le temps… Il aurait dû rentrer bien plus tôt !
Le jeune homme roux sourit un peu plus.
‒ Je suis d’accord sur le fait qu’il
n’aurait pas dû s’absenter si longtemps, mais je suis certain qu’il ne lui est
rien arrivé.
‒ Comment peux-tu en être aussi sûr ?
protesta-t-elle. Les enfants de Sei, tels que Raphaël nous les a décrits…
‒ Ne lui ont fait aucun mal, pour
commencer. Et quand bien même ils essaieraient de s’en prendre à Lucifer, nous
serions tout de suite mis au courant. De plus, cela voudrait dire que nos
homologues démoniaques se sont montrés, ce qui est exactement ce que nous
recherchons, non ? Impossible de comprendre cette société sans avoir le
point de vue des archidémons…
À ce titre, Rémiel frissonna.
‒ Je ne suis pas certaine d’être d’accord
avec toi… et je ne comprends toujours pas comment nous pourrions le savoir.
Il la fixa, surpris.
‒ Mais par l’Eden lui-même, bien sûr.
La jeune femme aux cheveux blonds cilla.
‒ C'est-à-dire ?
Raguel prit un ton docte.
‒ Nous sommes tous liés à l’Eden, c’est ce
qui nous donne notre titre d’archange. Cela signifie que, via l’Eden, nous
sommes tous liés les uns aux autres. Je peux donc facilement émettre la
supposition que si Lucifer était en grave danger, nous le ressentirions d’une
façon ou d’une autre.
Il sourit à nouveau devant son air dubitatif.
‒ Même si toi ou moi ne le percevons pas,
Uriel le fera, elle est douée d’empathie. À défaut, les espions de Saraqael
nous tiendraient au courant.
Elle fronça les sourcils, inquiète à nouveau.
‒ Au sujet de ces espions… Je les trouve
fort étranges. J’ai tendu l’oreille longuement, et personne ne semble savoir
qui ils sont. De plus, aucun ange de soleil, membre de son clan, n’est jamais
sorti de l’Eden à ma connaissance…
L’archange du feu haussa les épaules.
‒ Je ne l’apprécie pas plus que toi… En
fait, tu l’aimes sûrement beaucoup plus que moi, ne fût-ce parce qu’il fait un
travail impeccable. Vous faites la paire, et vous liguez pour me forcer à faire
des efforts énormes…
‒ Le minimum vital pour ton clan, tu veux
dire ! corrigea Rémiel.
‒ … mais dans tous les cas, je pense que
c’est quelqu’un d’intègre. Je ne sais pas plus que toi quels sont ses espions,
mais il faut avouer que jusque là, ils ont été plus qu’efficaces.
Elle croisa les bras, toujours pas convaincue.
‒ Oui, sans doute, mais nous sommes ses
pairs, Raguel. Il ne peut pas se contenter de nous dire ce qui l’arrange.
‒ Je suis certain que Lucifer sait de quoi
il retourne, la rassura l’archange du feu. S’il considère que c’est suffisant,
nous devons nous plier à cette décision.
Elle soupira, et finit par hocher la tête sous
l’argument de l’autorité.
‒ Je lui demanderai tout de même de quoi
il s’agit quand il sera de retour. S’il ne sait pas de quoi je parle, j’obligerai
Saraqael à parler devant le conseil réuni. »
Elle retourna à ses dossiers avec une
détermination renouvelée, ses inquiétudes calmées. Amusé par l’image de la
petite jeune femme campée devant l’intransigeant archange du soleil afin de le
forcer à quoi que ce soit, il étouffa un éclat de rire pour se pencher sur son
propre travail. Après tout, il avait un clan à faire tourner.
***
Shön retint un soupir, parcourant les lieux des
yeux. La cabane qui leur servait de maison avait été entièrement saccagée, le
toit frêle balayé par ce qui avait dû être une décharge de magie, et leurs
maigres possessions matérielles étaient à présent éparpillées à tout va. Les
objets les plus fragiles gisaient, brisés, et les plus solides avaient pour la
plupart été renversés par le combat. Il n’y avait pas âme qui vive en vue, et
même en déployant ses sens aussi loin que possible, il ne percevait la présence
d’aucun être magique.
C’était prévisible, bien sûr, mais il avait
voulu vérifier malgré les risques. Après tout, à la place des démons, il aurait
surveillé l’endroit pendant quelques jours afin de capturer les quelques
personnes assez stupides pour y revenir. Apparemment, ils n’avaient pas pris
cette précaution, ce qui l’arrangeait beaucoup. Il avait essayé d’empêcher Ymesh
de l’accompagner mais celui-ci n’en avait fait qu’à sa tête.
« Elle n’est pas là, soupira le jeune homme
en revenant vers lui. J’ai été jusqu’à la clairière d’un côté, la rivière de
l’autre… Je n’ai rien perçu ni vu. »
Shön acquiesça. Anijia n’avait pas répondu
quand, en arrivant, il avait déployé sa magie aussi loin que possible –
n’importe qui l’aurait repéré, même à plusieurs heures de marche. Dès lors, à
moins qu’elle ne soit évanouie, il y avait eu peu de chances qu’elle soit là,
mais il n’était pas si sûr de lui pour ne pas vérifier.
« Rester ici aurait été idiot de sa part,
mais mieux valait aller au plus facile en premier, pour ne pas perdre de temps.
Ymesh haussa les sourcils.
‒ Quel est le plus difficile, dans ce
cas ?
‒ Puisqu’elle ne s’est pas cachée dans les
environs, je suppose qu’elle est allée au seul autre endroit où nous avons une
chance de la trouver. À la cité mobile… Ijishia. »
***
Quand Raphaël était Remonté des Abysses,
l’intrépide archange avait été livide et cerné, les traits tirés, le regard
hanté par ce qu’il avait vu. Lui qui était parti, seul, avec courage et
détermination, était revenu horrifié.
Tous avaient été bouleversés par ce qu’il avait
raconté sur la férocité et la cruauté des démons, et tous s’étaient dit que
Lyth, leur seigneur et maître, était l’ennemi de Sei pour une bonne raison.
Cependant, certains d’entre eux avaient été assez objectifs ou assez curieux
pour vouloir en savoir pus. L’inquiétude des autres avait été un levier
suffisant pour permettre à Lucifer de les convaincre de la nécessité de réunir
des informations supplémentaires.
À présent que Lucifer était de retour, la
différence d’avec Raphaël était flagrante.
Souriant, un léger hâle donnant des couleurs à
son visage, il semblait détendu et ravi. En le voyant arriver, les archanges
s’étaient précipités, et Gabriel avait exigé de lui faire un examen médical
complet avant de le laisser réunir le conseil. Lucifer s’était laissé faire de
bonne grâce, et tous avaient fini par se retrouver dans la salle de réunion
qu’ils utilisaient habituellement.
« Tu es resté bien longtemps loin de
l’Eden, fit remarquer Saraqael d’un ton neutre.
Reconnaissant un reproche, Lucifer eut la
décence de rougir.
‒ Je suis désolé. Les démons sont tellement
fascinants que je n’ai pas pu m’empêcher de rester… Je voulais creuser assez
profond dans leurs coutumes pour pouvoir faire un rapport objectif. J’espère
qu’aucun problème n’a été assez grave pour requérir ma présence ?
L’archange du soleil le fusilla du regard.
‒ Je t’aurais tenu au courant si tel avait
été le cas. »
Le Premier né sembla alors remarquer ses traits
tirés et les lourdes cernes qui soulignaient ses yeux. Il retint une grimace.
Il savait que Saraqael avait posté un morceau de son aura en permanence à ses
côtés afin de prévenir tout danger, et qu’une telle utilisation de sa magie
était épuisante. Il espérait que les informations qu’ils avaient récoltées
seraient suffisantes pour compenser.
Les autres archanges attendaient, anxieux, qu’il
commence son récit. Ils avaient eu peur, peut-être plus encore que quand
Raphaël était Descendu car au lieu de l’inconnu Lucifer avait affronté une
horde de démons sordides à leurs yeux, et qu’étant absent il n’avait pas été là
pour les rassurer ni pour leur certifier que tout se passerait bien. Raguel
avait essayé de tempérer leurs craintes, mais face à lui se trouvait Gabriel,
qui n’avait eu cesse de rappeler à chacun à quel point les créatures de Mal
étaient horribles et dégoûtantes, dangereuses. Les avis étaient donc mitigés,
empreints d’indétermination.
Lucifer commença son exposé en douceur,
expliquant quelques-uns des mystères que Raphaël avait soulevés, et les
différences culturelles fondamentales qui existaient entre leurs deux races. Ce
sur quoi se basaient leurs divergences était bien sûr le fait que les démons ne
suivaient pas les lois de Lyth.
« Mais, argumenta le Premier né, ils n’ont
aucune raison de le faire. Seigneur Lyth n’est pas leur créateur ; ils
dépendent de Mal, son opposé, qui s’appelle Sei. Nous ne pouvons pas leur en
vouloir de ne pas suivre des lois qui n’ont rien à voir avec eux. Ils ne sont
pas fondamentalement mauvais…
‒ Ce sont des créatures de Mal, objecta
Gabriel. Comment peux-tu prétendre qu’ils ne sont pas impurs ? »
Le ton était plus interrogateur qu’agressif, et
l’homme aux cheveux blonds avait écouté son discours sans l’interrompre, mais
Lucifer ne put manquer la note de critique sous-jacente. Ce fut le début des
protestations habituelles.
« Gabriel a raison, admit Rémiel avec
réluctance. Nous nous sommes mis d’accord quant au fait que devons de les
observer pour nous en prémunir, mais nous devons aussi empêcher tout contact
entre eux et les anges de nos clans.
‒ Le bien se trouve en chaque être vivant,
argumenta Lucifer sans lever le ton bien qu’il soit un peu agacé.
‒ Ils sont souillés, souligna Gabriel.
Qu’ils aient d’hypothétiques qualités est une chose, mais… ils ne sont pas
purs. Comment permettre à qui que ce soit de s’approcher d’eux ? Je peux
comprendre l’idée de les espionner pour savoir s’en défendre, même si je trouve
tout de même difficile de sélectionner quelqu’un, de lui faire assez confiance
pour l’envoyer ainsi là bas au risque qu’il ne se fasse… contaminer.
‒ Ils ont juste une autre culture !
L’archange de la pureté se campa devant lui, le
dos raide, le regard déterminé, fort de l’assurance que lui donnaient les lois
qu’il représentait.
‒ C’est exactement ce genre de discours
qui est dangereux, Lucifer. Nous devons prendre garde à la limite entre eux… et
nous. »
Le Premier né commença à perdre son sang-froid.
Il venait de vivre un voyage agréable dans les Abysses, où il avait certes vu
des horreurs qu’il avait soigneusement omis de signaler – comme cette tendance
affreuse qu’avaient les démons de vouloir venger leur honneur, parfois par le
sang – mais il avait été bien accueilli. Les enfants de Sei, décrits comme des
monstres par Raphaël, lui avaient offert l’hospitalité et avaient répondu avec
grâce aux questions qu’il leur posait, sans s’offenser. Et maintenant qu’il
était de retour, il se heurtait au même point de vue obtus que rien ne pouvait
ouvrir.
Gabriel, à bien des égards, était une personne
bien pire que n’importe quel démon à qui il avait pu parler dans les Abysses. Eux au moins ne justifiaient pas le
moindre de leurs actes par une fidélité aveugle envers un créateur absent.
« N’oublie pas non plus que Seigneur Lyth…
C’était la goutte d’eau de trop.
‒ Es-tu totalement stupide ? Ce que tu racontes est ridicule espèce de sombre idiot ! »
Un lourd silence suivit cette explosion, et
Lucifer pâlit, réalisant brusquement ce qu’il venait de faire. Raphaël, Uriel,
Rémiel et Gabriel étaient tous livides, et l’archange du vent avait même reculé
d’un pas. Non… Ce bref voyage n’avait tout de même pas suffi à les
éloigner ? Il avait tant lutté, tant espéré pouvoir être un bon guide pour
eux, ils n’allaient pas le rejeter pour un éclat ? En plus, il avait
raison, il le savait ! C’était Gabriel qui était incohérent !
Le blond, qui lui faisait toujours face, secoua
la tête. Il semblait à la fois triste et désapprobateur, avec même une pointe
de compréhension.
« C’est normal, ce sont les Abysses qui
t’ont mis dans cet état. Tu ferais mieux d’aller te reposer. »
L’archange de la lumière chercha un visage ami,
trouva celui de Saraqael… et blêmit en réalisant que son pair du soleil
secouait doucement la tête, sourcils froncés. Alors… même lui ?
Influencé par les Abysses. C’était stupide,
ridicule, ça n’avait rien à voir… Il était simplement exaspéré que ses propres
pairs aient l’esprit plus fermé que des démons !
Lucifer se tut cependant, sachant qu’il avait
commis une faute en se laissant emporter. Obéissant à Gabriel, il tourna les
talons pour rejoindre ses appartements, les plantant là. Il fit le fier, jouant
la carte du mépris et de la dignité… En réalité, il avait peur, plus encore
qu’il n’avait eu peur des démons ou de la mort.
Le bien existait dans les Abysses. Mais le mal
existait en Eden, et les autres archanges venaient de lui en donner la
preuve : ils se montraient intolérants et fermés à toute idée nouvelle, et
cela ne venait certes pas d’une quelconque influence des Abysses.
***
Belzébuth se tenait, nonchalant, à la cime d’un
rocher, amusé par son propre sens du spectacle. Mais au fond, quel endroit pouvait-il
mieux lui convenir ? Après tout, il était le gérant des Abysses, le maître
des démons, il se devait de les regarder de haut.
Du moins, c’était sans doute ce que devaient se
dire ses serfs ; décorum que tout cela. Il aimait simplement admirer les
paysages. De préférence seul, et après avoir défait ses ennemis. Quel plus beau
spectacle que celui d’un champ de bataille duquel on a triomphé ? Avec
Astaroth et lui-même pour guider les chasseurs, les pertes avaient été
inexistantes de leur côté. Les vampires, par contre, avaient été nombreux à
tomber, et six d’entre eux s’étaient faits capturer, à leur grande horreur.
Ils avaient eu de la chance que la première
équipe qui avait été envoyée ait eu le bon sens de ne pas ramener les trois
suceurs de sang sur lesquels Bélial avait apposé son sceau. Il avait suffi
d’attendre que l’un d’entre eux rejoigne un groupe relativement important pour
attaquer. Ravi, Belzébuth soupira d’aise.
Un jeune homme brun, drapé dans un tissu couleur
sang, se glissa à ses côtés. Il fronça les sourcils.
« Qui a-t-il ? »
Son ton était sec, peu aimable. Ce démon avait
intérêt à amener des nouvelles intéressantes, qui ne gâcheraient pas ce moment
de victoire. Le jeune garçon lui sourit, semblant deviner ses pensées, puis se
pencha pour lui murmurer quelques mots à l’oreille.
Belzébuth haussa les sourcils en entendant la
teneur du message, puis sourit – un sourire tout sauf agréable.
« Préviens les autres que nous nous
réunirons dans mes quartiers. Nous allons devoir discuter. »
Le démon s’inclina respectueusement, avant de
filer.
Belzébuth s’étira avant de réajuster sa cape
d’ombres sur ses épaules et de descendre agilement en bas du roc. Donc, après
Raphaël, Lucifer… Cela commençait à devenir intéressant, surtout vu la façon
dont le second s’était comporté.
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