Résumé des personnages

Dictionnaire des noms communs

 

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Chroniques d'un Cycle

Les Enfants de Lyth

 

Chapitre 7

 

« Est-ce ce statut particulier qui met les anges de soleil de côté, alors que

le clan Gabriel est favorisé par Lyth ? »

 

- Note manuscrite dans une des marges de l’exemplaire de « Des Éléments et de leurs rapports entre eux et avec les anges » entreposé dans la cité-bibliothèque d’Essiah -

 

Quand Ymesh pensait à son enfance, nostalgique, il se remémorait avant tout la chaleur de l’âtre et la sécurité d’un toit au-dessus de sa tête, ainsi que la nourriture toujours présente à table et le goût délicieux des mets qui étaient servis. Mais, très vite, ces souvenirs triés sur le volet laissaient place à la réalité de ce qui avait été son quotidien : les tâches incessantes, les mots qui ne pouvaient jamais être dits plus hauts l’un que l’autre, les bonnes manières à respecter absolument pour l’honneur de la famille. En qualité de fils cadet, il avait toujours su que l’aisance familiale ne lui était pas réservée, à moins qu’il ne soit particulièrement brillant dans un domaine ou n’arrive à courtiser une jeune femme mieux née que lui.

Malheureusement, il n’avait jamais été exactement ce que ses parents espéraient de lui. La place qui lui était réservée lui avait toujours semblée trop étroite, et il avait une tendance certaine à empiéter sur les règles si soigneusement établies, à la grande horreur de tous.

La société elfique, dont il était issu, était particulièrement rigide. Depuis, il avait eu l’occasion de voir la façon de vivre des démons, et bien entendu de sa nouvelle race ; elles lui convenaient toutes deux bien mieux.

« Mesh » voulait dire « feu » dans sa langue maternelle. Pas Feu, l’Élément, bien sûr, dont le nom était Frryl comme en démoniaque – non, le feu du foyer ou du campement, maîtrisé mais pas tout à fait tranquille. La lettre « y » avait été rajoutée en tête de son nom car les elfes transformaient systématiquement la lettre « i » en « y » quand il s’agissait du nom d’un elfe ; avoir un « y » dans son nom signifiait donc qu’on en était un. En vérité, depuis son départ, il devrait se faire appeler Imesh, mais après tout, ce n’était pas comme s’il avait jamais suivi les autres lois de son peuple. Un pied de nez de plus, surtout comme celui-là, était bien innocent ; et puis ce n’était pas comme si quiconque allait se soucier de l’orthographe de son nom. Le skahil, la langue de sa race d’adoption, n’avait de toute façon pas le même alphabet que l’elfique.

Enfant, et plus encore adolescent, il avait souvent goûté du bâton. Il n’était que le dernier-né après tout, qui irait s’offenser de voir son père essayer d’en faire autre chose qu’un vaurien ? Cela n’avait fait que renforcer sa rancœur, et il s’était juré qu’un jour, il leur montrerait…

Mais montrer quoi ? Au final, en dehors du fait qu’il ne supportait pas sa vie étriquée, il n’avait pas véritablement de but.

Du moins, pas avant de rencontrer Shön.

Celui-ci avait visité Altayn la belle, capitale du Royaume des elfes d’Edyrn et cité où il vivait, en qualité de diplomate. Alors, certaines factions de ska – vampires, comme disaient les démons – avaient considéré astucieux de se faire connaître des elfes et d’éventuellement conclure des accords, principalement commerciaux et de non-agression. Étant donné que l’existence des ska était fort peu connue, son arrivée avait été particulièrement remarquée, et forcément, tous les jeunes garçons et filles de l’endroit rêvaient de le rencontrer. Il semblait si exotique !

Rapidement, des rumeurs coururent qui vantaient sa beauté, son intelligence, mais aussi sa froideur. On murmurait des horreurs sur les ska, d’un ton effrayé et fasciné. Des créatures qui se nourrissaient de sang ! Comment donc ce soi-disant ambassadeur arrivait-il à manger, dans une ville d’elfe ? Il n’espérait tout de même pas que certains se proposent comme victimes ? se demandaient les pucelles ravies.

Oui, Shön avait été la coqueluche de la ville, durant les quelques temps que durèrent les négociations. L’homme était habile diplomate, sans doute, car il réussissait apparemment à éviter les pièges tendus par la haute noblesse elfique sans pour autant déplaire à Ses Majestés.

Ymesh avait alors fait comme tout le monde : il s’était posté aux abords du palais royal, espérant l’apercevoir. Il avait un avantage sur la majorité des gens, cependant : bien que son père le punisse au soir pour avoir disparu toute la journée, sa famille était en réalité ravie de ne pas l’avoir dans les pattes à toujours les mettre dans des positions embarrassantes plus ou moins par accident. S’enticher du ska local semblait une activité bien anodine par rapport à tout ce qu’il aurait pu faire d’autre.

Bien sûr, personne chez lui n’avait pensé qu’il put réellement parler avec le maître vampire.

La première fois fut un total accident ; ils s’aperçurent juste mutuellement dans le parc qui environnait le palais. Shön ne se souvenait sans doute même pas de cette fois-là, mais c’est en cet instant qu’Ymesh était passé de la lubie enfantine à la fascination.

Shön avait tout pour captiver l’attention d’un adolescent rebelle comme lui. Il n’était pas spécialement grand par rapport aux elfes, mais plus large d’épaules que la plupart, et ses vêtements ne cachaient pas ses muscles solides. Sa peau était très blanche, critère de beauté pour les elfes, et ses cheveux d’un blond très clair, presque blanc, exceptionnel chez les étrangers. Ses yeux, qui plus est, étaient très clairs – gris en vérité, mais Ymesh n’avait pas su voir leur nuance exacte de si loin. Il portait un costume de cour vert sombre qui lui allait à ravir, et n’eurent été ses oreilles rondes il aurait pu passer pour un prince déchu.

En continuant à l’observer, Ymesh avait pu noter d’autres détails, comme sa façon de marcher souple et silencieuse, ou sa présence. Personne ne pouvait l’ignorer quand il entrait dans une pièce ; tous les regards convergeaient vers lui. Pourtant, lorsqu’il le voulait, il se faisait aussi invisible qu’un courant d’air frais. Ses pouvoirs, basés sur la magie des glaces, attiraient et répugnaient à la fois le jeune mage de feu qu’était Ymesh.

Il n’aurait jamais osé l’aborder s’il ne l’avait surpris, lors d’une escapade nocturne qui allait lui valoir une bonne volée, dans un moment de faiblesse. Ils se trouvaient dans le parc, désert à cette heure, et sans doute que seuls le silence et l’obscurité de la nuit avaient permis à Shön de se détendre assez pour montrer son mal être. Livide, il s’était appuyé contre un arbre, prenant de longues inspirations sifflantes, qui se modulaient comme un étrange chant.

« Maître ska… » avait demandé timidement le jeune garçon qu’il était encore, sans oser s’approcher trop.

La seconde suivante, Shön était juste à côté de lui, et le soulevait par le col.

« Par les iris de Saâgh, que fais-tu ici à cette heure ? avait articulé l’homme en le secouant rudement.

‒ Je… me promenais juste, maître !

Son ton, à sa grande honte, était presque suppliant. Il eut une grimace frustrée, mais cela sembla calmer Shön qui le reposa au sol.

‒ File, gamin. Tu ne devrais pas t’approcher des inconnus comme ça.

‒ Vous plaisantez ? » s’exclama Ymesh, toute sa hardiesse revenue après le premier moment de surprise. « Je ne pensais pas avoir jamais l’occasion de vous parler, et je ne compte pas y renoncer si vite ! »

Le regard glacial qu’il reçut en réponse l’avait cloué un moment sur place. Fronçant les sourcils, il s’était à nouveau approché.

« Seigneur…

‒ Que veux-tu bon sang ? s’était écrié le vampire, sans doute furieux d’avoir été vu si faible.

‒ Vous avez faim ? »

La question avait été posée sur un ton innocent, mais c’était calculé. Après tout, tout le monde se demandait en gloussant comment l’ambassadeur buveur de sang faisait pour se nourrir. Ymesh y avait réfléchi. L’homme était venu sans escorte, et le roi d’Edyrn n’aurait jamais accepté de lui offrir le cou d’un elfe. Une seule option restait donc à Shön : le jeûne.

Le mage des glaces lui avait adressé un second regard, plus calme mais plus perçant.

« Tu te proposes comme calice ? avait-il demandé, amusé.

‒ Si cela signifie que vous vous nourrirez sur moi, en effet, avait répliqué le jeune elfe avec aplomb. À deux conditions. »

Le ska avait haussé les sourcils, surpris. Sans doute n’avait-il pas cru à ses paroles.

« Et quelles sont-elles ?

‒ Tout d’abord, ne me tuez pas… ce n’est pas drôle ! avait protesté Ymesh alors que Shön commençait à rire. Ce n’est pas vous qui allez vous faire percer les veines ! »

Cette remarque l’avait calmé, et l’elfe n’avait pas manqué le rapide coup d’œil que l’ambassadeur avait jeté à son cou avant de se reprendre.

« Quelle est ta deuxième exigence ?

‒ Repartir avec vous quand vous en aurez fini ici.

Shön l’avait de nouveau regardé avec intensité.

‒ Tu ne sais pas à quoi tu t’exposes, gamin imprudent.

‒ Eh bien, montrez-le-moi ? »

Sans doute seule la faim avait fait céder Shön ; Ymesh savait à présent que son maître n’était pas facile à influencer, et appréciait fort peu qu’on lui force la main. Quoiqu’il en soit, le ska – le vampire – l’avait saisi par la nuque et s’était penché sur lui.

Les mots n’existent pas pour décrire l’extase qui s’en suivit, sauf peut-être une comparaison avec les plaisirs de la chair, mais ceux-ci amènent à un sommet si bref qu’il n’est rien en comparaison à une Étreinte.

Après ce partage sans limites, Shön l’avait soutenu un moment, puis ils s’étaient séparés sans un mot. La nuit suivante, Ymesh l’avait attendu avec impatience dans le parc, et ils s’y étaient retrouvés, ainsi que chaque nuit suivant cette première fois. Le ska ne se nourrissait pas chaque fois, afin de ne pas trop l’affaiblir ; ils avaient donc passé de longs moments à discuter de sujets variés, et ces moments presque intimes n’avaient fait que lier plus encore le jeune elfe au diplomate.

Lorsque la mission de celui-ci fut terminée, il lui avait fait une proposition – une de celles qu’Ymesh ne pouvait pas refuser, qui était tellement incroyable qu’il n’avait même pas imaginé que cela fut possible.

« Accompagne-moi. Pas en tant que calice ; en tant qu’Infant. Si tu décides de me suivre, je ferai de toi l’un des miens. »

Le jeune elfe l’avait suivi, et ne l’avait plus quitté depuis.

 

***

 

Lucifer, sombre, s’efforçait de lire un des nombreux dossiers de la pile qui s’était entassée sur sa table de travail. Enfermé dans son bureau, il prenait ce retard causé par son absence comme excuse pour esquiver ses pairs, et les anges en général. La seule personne qu’il ne pouvait éviter était celui qui avait pris sa place de façon intérimaire à la tête de son clan.

Michael était bien trop jeune pour se charger également de gouverner l’Eden dans son ensemble, mais Lucifer lui aurait confié cette tâche en toute confiance s’il n’avait su que les autres archanges auraient refusé sèchement, blessés. En effet, le jeune homme ne faisait pas partie d’eux sept, mais avait le même titre qu’Ariel : Prince.

« J’ai essayé de régler ce problème, mais je ne sais pas si la solution vous convient… exposait le jeune ange avec le plus grand sérieux. En tant que solution provisoire, néanmoins, elle a semblé fonctionner correctement.

‒ Je ne doute pas que tu aies fait de ton mieux, Michael. Si cela convient à tous, je ne m’y opposerai pas. »

L’adolescent se permit de sourire, ravi du compliment, et se saisit d’un nouveau dossier afin d’en expliquer les détails à son supérieur.

Lucifer avait toujours beaucoup aimé ce garçon, et ce dès l’enfance. En vérité, il prenait soin de tous les anges de son clan – de tous les anges de l’Eden, mais ceux de son clan plus en particulier comme ils étaient sous sa responsabilité directe – mais Michael s’était très vite démarqué du lot. En dehors de ses capacités magiques exceptionnelles qui l’avaient fait remarquer très tôt – lui et Ariel étaient les deux seuls Princes existant en Eden pour l’instant, et Lucifer doutait qu’il y en eut jamais d’autres – il s’était toujours montré appliqué dans ses études, et avait une capacité d’écoute et de raisonnement qui en faisait un excellent dirigeant.

Lui confier le clan des anges de la lumière durant toute son absence avait été une sorte de test, afin de voir si Michael se laisserait influencer par les autres archanges ou écraser par eux. Il s’en était sorti à merveille, écoutant leurs conseils sans pour autant se laisser dicter ses pensées.

S’il devait m’arriver un jour quelque chose, il serait là pour prendre la relève, se dit Lucifer avait de sursauter. D’où diable lui venait une pensée pareille ?

« Vous allez bien, monseigneur ?

‒ Oui, ne t’en fais pas, le rassura-t-il, troublé.

‒ Pardonnez-moi, mais vous semblez un peu distrait… Voulez-vous que je revienne plus tard ?

‒ Non, ça ira.

‒ Maître Saraqael pourrait vous aider aussi bien que moi pour ces trois cas-ci… »

À ce nom, Lucifer se crispa. L’archange du soleil et lui s’étaient disputés vertement après la dernière réunion du conseil. Le Premier né savait bien sûr que son pair devait être épuisé par le travail incessant qu’il lui avait imposé, mais après avoir dû faire un effort envers Gabriel pour compenser son dernier éclat, il avait fort peu apprécié de nouveaux reproches.

L’adolescent soupira.

« Ce sont les enfants de Sei, n’est-ce pas ? »

Lucifer cilla. Puis se permit un sourire dépité.

« Difficile d’ignorer qu’ils sont un point de discorde entre nous, n’est-ce pas ?

Michael acquiesça.

‒ Tout le monde en parle, vous savez, pas seulement vous, mes seigneurs. J’ai entendu même de jeunes apprentis en discuter entre eux. Et… à vrai dire, personne ne semble jamais d’accord, chacun a son avis à donner.

L’archange s’appuya sur son bureau pour se pencher en avant, intéressé.

‒ Vraiment ?

‒ Bien sûr, maître. Quand vous vous disputez entre vous, je crains que cela ne se répercute sur l’Eden entier. »

C’était un reproche déguisé en remarque, et Lucifer soupira. Si même Michael se permettait ce genre de sous-entendu… Venant de lui, cependant, ils semblaient moins mordants, sans doute parce qu’il restait respectueux et n’avait pas d’avis aussi définitif que, disons, Gabriel.

« Malheureusement, savoir que notre discorde pose problème ne nous mène pas pour autant à une solution, je le crains. Les démons sont… eh bien, des créatures de Sei, le Mal, et je peine à convaincre certains d’entre nous qu’ils ne sont pas mauvais pour autant. Je pense au contraire qu’ils ont beaucoup à nous apprendre.

‒ Un échange est toujours bénéfique, approuva Michael. Mais peut-être… que nous couper d’eux serait moins néfaste que vous couper vous de vos archanges, monseigneur. »

Sur ces mots, le jeune Prince ramassa les dossiers restants et sortit, assurant à l’archange qu’il serait de retour dans l’après-midi, après qu’ils se soient tous les deux reposés après le dur labeur du matin.

Lucifer, resté seul, se permit un nouveau soupir.

 

***

 

Après tout ce temps, il ne regrettait toujours pas son choix. Les premières années, il n’avait été que calice, Shön ayant refusé de le transformer tant qu’il n’était pas pubère ; en effet, les Infants conservaient l’âge apparent du jour de leur non-mort. Ymesh avait bien sûr gardé quelques traces de son peuple d’origine, dont ses oreilles en pointes, mais il était un Infant avant tout.

Il avait vite appris que tous les vampires n’avaient pas, comme lui, une race d’origine. Ainsi, Anijia était née de père et de mère ska, comment en attestaient ses yeux rouges. Cependant, ceux qui pouvaient se reproduire de cette façon étaient les ska nés-vampires, qui étaient donc les descendants directs des premiers-nés – les créatures originelles créées par Saâgh, le Sang. Les Infants comme Ymesh étaient à jamais privés de descendance une fois leur corps transformé.

Shön était l’un des ces vampires nés de leur Élément-maître. Ketosaï en était un autre. Eux, comme les Infants, avaient des iris de couleurs communes ; seuls leurs descendants auraient les yeux du même rouge que leur créateur.

Le jeune homme fut tiré de ses pensées par son maître qui le fit s’arrêter.

« Nous y sommes. »

Surpris, il scruta l’horizon sans rien remarquer d’insolite, puis songea à étendre ses perceptions à la magie. Alors, seulement, il réalisa qu’en effet, un village devait se trouver derrière la colline qu’ils gravissaient. Au grand nombre d’être dotés de la magie du Sang, il y avait toutes les chances pour qu’ils aient enfin trouvé Ijishia, la cité mobile.

 

***

 

Léviathan, archidémon de l’eau, fut le dernier à arriver dans le salon tranquille de leur seigneur à tous, Belzébuth. Celui-ci les avait convoqués en début d’après-midi pour une réunion dans la soirée, sans préciser exactement l’heure, les faisant arriver au compte-goutte. Le maître des ténèbres lui-même n’avait été présent qu’après l’arrivée de Lilith et Asmodée, revenant directement des forêts démoniaques où lui et Astaroth avaient tenté une autre chasse aux vampires, sans autre succès qu’une agréable dépense d’adrénaline.

« Bien, bien. Azazel, nos prisonniers de ce matin ont-ils parlé ? »

La jeune archidémone aux cheveux rouges s’inclina, ses lèvres écarlates s’étirant en un sourire tout sauf aimable.

« Ils n’ont guère fait que crier pour l’instant, mais ne devraient pas tarder à parler.

Elle fit la moue.

‒ Ceci dit, même s’ils ont des rudiments de notre langue, la leur est fort différente. Tous ne nous seront pas utiles.

Lilith haussa les sourcils, surprise.

‒ Une autre langue ? Intéressant.

‒ Mais pas surprenant, souligna Léviathan. Après tout, ils ont été créés par Saâgh, pas par Sei.

‒ Il m’a été rapporté que les anges, eux, parlent de la même façon que nous, fit remarquer Bélial. Hors, leur créateur est Lyth, et non notre Seigneur.

‒ Peu m’importent ces digressions linguistiques, le coupa Belzébuth, agacé. Un membre de ton clan m’a fait parvenir un message disant qu’un autre archange était descendu et resté plusieurs jours parmi les nôtres.

L’archidémon de la Lune sourit alors que tous les regards convergeaient vers lui.

‒ En effet. Lucifer est l’archange de la lumière, et je pense pouvoir avancer sans me tromper qu’il est ton équivalent en Eden, Belzébuth.

‒ Et son comportement aurait été fort différent de celui de ce… Raphaël ? qui était venu avant lui.

‒ Oui, confirma le démon. Il a posé des questions sur nos coutumes et s’est efforcé d’être agréable avec tous.

Azazel posa les poings sur ses hanches.

‒ Qu’allons-nous faire, donc ?

‒ Il a déclaré vouloir revenir, et a mentionné qu’il aimerait rencontrer certains d’entre nous.

Bélial darda son regard bleu sur celui, noir, de Belzébuth.

‒ Il serait peut-être temps que nous aussi tendions la main.

L’archidémon des ténèbres pianota des doigts sur l’accoudoir de son siège, peu convaincu.

‒ Soit. Tu es celui chargé de nos rapports avec eux, tu es donc juge. Fais ce qui te semblera être le mieux. De toute façon, les rapports de seconde main ne seront pas toujours suffisants, surtout s’ils essaient effectivement de prendre contact avec nous.

Bélial s’inclina profondément.

‒ Merci, monseigneur.

Belzébuth rit doucement devant tant de flatterie, puis se tourna vers les autres.

‒ Les enfants de Saâgh seront bientôt à notre merci, annonça-t-il, et reculent déjà devant notre puissance. Quant aux enfants de Lyth… c’est d’eux que dépendra notre bon vouloir à leur égard. »

 

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