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Chroniques d'un Cycle

Les Enfants de Lyth

 

Chapitre 24

 

« Il est dit des mages de feu qu’ils sont impulsifs, voir violents. Ce n’est pas faux dans la plupart des cas mais il existe tout de même un cas célèbre démontrant le contraire : Raguel, un des plus calme des archanges et à qui il est souvent fait reproche de son indolence. »

 

- Des Éléments et de leurs rapports entre eux et avec les anges,

compilation faite par Saraqael -

 

 

La forêt, comme toutes ses sœurs abyssales, était formée d’arbres énormes dont le tronc était aussi large qu’une dizaines de personnes coudes à coudes. Leurs cimes semblaient toucher le ciel, et la lumière d’Essiah n’atteignait que rarement le sol. Celui-ci était donc humide et infesté d’insectes et de batracien ; les plantes y étaient pour la plupart des champignons de diverses sortes ou des variétés grasses poussant habituellement dans les marais.

Plus haut cependant on pouvait trouver une toute autre vie. Les branches étaient si grosses que des quadrupèdes pouvaient y vivre sans problème, passant de l’une à l’autre d’un bond. La plupart d’entre eux étaient de toute façon bâtis aux proportions de la forêt et les démons ne s’y aventuraient guère qu’en la survolant. Aucun n’était assez fou pour risquer de se faire dévorer par des carnivores de plusieurs fois leur taille.

Néanmoins, assez bas pour être encore cachées par les feuillages se trouvaient des branches trop fines pour supporter le poids de ces titans. C’était, à vrai dire, le seul lieu sûr de la forêt – qui pouvait tout aussi bien être qualifiée de jungle – et c’était donc là qu’Ijishia s’était installée.

Du bois avait été abattu et des lianes tressées pour servir de supports. Sur les plateaux ainsi érigés, les tentes avaient été plantées tant bien que mal, arrimées au tronc contre lequel elles reposaient. Des échelles de cordes et des ponts-de-singe s’étaient tendus entre les différentes plates-formes, permettant aux plus aventureux de traverser toute la ville, mais à vrai dire, ils étaient utilisés aussi peu que possible. Personne ne voulait risquer de tomber, surtout en sachant que la seule possibilité d’être arrêté avant de toucher le sol était de se faire attraper au passage par un des monstres du lieu.

Morose, Anijia se demanda si elle ne ferait pas mieux d’essayer le plongeon. Ce n’était qu’une pensée en l’air, mais la situation l’exaspérait au plus haut point. Après avoir tant fait pour que la nation vampirique – si tant est que celle-ci existait – ait enfin un peu plus de possibilités, elle se retrouvait à vivre dans un endroit qu’elle détestait. Les plaines, au moins, n’étaient pas autant infestées d’insectes !

La jeune vampire laissa échapper un sifflement agacée. Se redressant sur ses pieds, elle se mit à marcher de long en large au bord de la plate-forme sur laquelle elle se trouvait, sans se préoccuper du danger. Si au moins Shön et Ymesh étaient là ! Ces imbéciles étaient partis en signe de protestation sans se soucier du fait qu’ils ne pourraient pas être prévenus en cas de problèmes ! Et à présent que la ville mobile avait bougé, ils ne pourraient plus la rejoindre facilement…

« Anijia, l’interpella Lilas de la plate-forme la plus proche. Voudrais-tu nous accompagner ? Nous partons à la recherche de plantes curatives.

‒ Les stocks sont déjà à sec ? s’inquiéta-t-elle.

‒ Non, mais nous voulons éviter que cela arrive. On ne sait jamais quand on risque de croiser des démons, ou pire. »

Elle hocha la tête. Certes, les enfants de Sei restaient le danger le plus proche d’eux, mais depuis peu – et par leur faute – un autre avait surgi. Il s’agissait des anges et de leurs terribles exorcistes, capables de faire fondre la chair des créatures maléfique aussi facilement que s’ils les éclaboussaient d’acide.

« J’arrive, je dois juste me préparer. Dans combien de temps part l’expédition ?

‒ Quand le soleil sera au zénith. Rendez-vous à la tente de Shean.

‒ Il nous accompagne ? s’étonna-t-elle.

‒ Non, pas cette fois, mais comme je suis de la partie… »

La compagne de Shean était une femme superbe qu’Anijia admirait beaucoup. Par ailleurs, ses connaissances en botanique étaient vaste, bien plus que celles de la jeune vampire qui étaient rudimentaires malgré les années passées à vivre en forêt.

« Parfait, finit-elle par déclarer. J’en serai ! »

 

***

 

La pièce était calme, silencieuse. Michael n’aimait pas les quelques privilèges qui lui étaient accordés de par son statut de prince, mais celui d’avoir des appartements situés dans l’endroit le plus tranquille de la cité était un véritable soulagement.

Il ramassa ses vêtements éparpillés dans la pièce. Il les avait jetés en boule quand il s’était déshabillé pour aller prendre sa douche, mais il lui faudrait les laver. Le sang ne partait jamais tout à fait, bien sûr, mais il n’allait pas faire le difficile ; ses vêtements de combat étaient toujours salis et il ne comptait pas en utiliser des nouveaux chaque semaine.

Après la rage des batailles, il passait toujours un long moment avec ses troupes pour les remotiver et veiller à ce que tous aillent bien. Évidemment, de retour en Eden, Lucifer était là. Même s’il ne prenait pas part aux combats, il continuait de veiller sur son clan au mieux. Cela permettait à Michael de s’éclipser un peu avant les archanges sans trop de honte.

Il déposa le linge souillé dans un panier prévu à cet effet, puis alla prendre un torchon humide et se dirigea vers une bassine d’eau tiède posée dans un coin de la pièce. Son épée y reposait. Avec un sourire, il posa sa main sur la lame, presque caressant. Elle était un objet inanimé, mais aussi une compagne à qui il devait la vie.

« Je ne te maltraite pas trop, j’espère ? »

Il la sortit du bac et l’essuya. Il en avait ôté le sang plus tôt et avait veillé à la laisser ensuite humide. Des produits avaient été ajoutés à l’eau afin de la fortifier. Après tout, il s’agissait d’une lame magique qui ne craignait guère la rouille.

Avec un soupir, il lui fit regagner son fourreau. Il devait à présent aller retrouver Lucifer pour son rapport.

Il trouva l’archange de la lumière dans son bureau. Cependant, il était déjà en grande conversation avec un de ses pairs, Raguel du feu.

« Tu sais bien que cela ne peut pas continuer, Lucifer, disait celui-ci.

‒ Cela peut et cela va. Je ne me battrai pas. »

Michael fronça les sourcils et resta à l’entrée de la pièce. Il ne voulait pas être indiscret mais déranger leur conversation ne lui semblait pas une bonne idée.

« Il n’est pas question que de ça…

‒ Bien sûr que si, Raguel. De quoi d’autre ?

‒ Michael fait un meilleur travail que tu ne pourrais le faire, répliqua l’ange aux cheveux roux sans se départir de son sourire, comme s’il ne s’agissait pas d’une insulte. D’un autre côté, tu ne peux pas ignorer la situation.

‒ Je ne l’ignore pas ! protesta le Premier-né, indigné. Je me contente de m’occuper seulement des affaires internes. Je n’ai jamais voulu cette guerre, par Lyth !

‒ Tu penses vraiment que moi oui ? »

Lucifer dévisagea Raguel, s’attarda sur le sourire placide, et soupira.

« Non, bien sûr que non…

‒ Je ne suis pas non plus en faveur de la guerre, mais ce qui a été fait ne pourra pas être défait. Même si nous t’écoutions maintenant, les démons ne le feraient plus. Il est trop tard.

‒ Ce n’est pas pour ça que j’ai tort !

‒ C’est assez pour faire passer ta position de chef de l’Eden incorruptible et admirable à imbécile qui laisse les anges se faire tuer sans réagir. »

Michael décida que la conversation commençait à être trop importante pour qu’il puisse continuer de rester simple spectateur. Il se racla la gorge, faisant sursauter les deux archanges, et s’avança dans le bureau avec un sourire d’excuses.

« Je n’ai pas pu m’empêcher d’entendre…

‒ Ce n’est rien, déclara Lucifer, surtout que je t’attendais. »

Le prince s’arrêta, un peu embarrassé, puis fronça les sourcils, décidé.

« Puis-je émettre une critique, Vos Altesses ?

‒ Vas-y ?

‒ Je pense que Raguel a raison, dans une certaine mesure… à savoir qu’il est trop tard pour qu’un comportement quelconque puisse faire changer d’avis aux démons. D’un autre côté… »

Il se tourna vers l’archange du feu, bien campé sur ses pieds.

« Une insulte telle que celle que vous venez de formuler ne peut être lancée au gérant de l’Eden sans conséquences. Retirez-la tout de suite. »

Raguel sourit. Lucifer soupira.

« Michael… Merci. Mais je ne punis pas les gens pour avoir donné leur avis, fût-ce de façon fort cavalière.

‒ Mais il vous a traité d’imbécile !

‒ De son point de vue, il a raison. N’oublie pas non plus qu’il s’agit d’un de mes pairs, de mes frères… »

Le prince-ange rougit et détourna les yeux. Comment pourrait-il l’oublier ? Simplement, il détestait que les gens s’en prennent à son mentor de cette manière.

« Je suis désolé, bafouilla-t-il, je ne voulais pas manquer de respect… »

À sa grande surprise, Raguel explosa d’un rire chaud et vint lui tapoter l’épaule.

« Ne t’en fais pas pour ça, gamin. Je ne suis pas moi-même un grand pratiquant du respect, comme tu l’as si bien souligné. Et puis, j’apprécie ton franc-parler ! Lucifer, tu as fait de ce jeune ange un homme très bien.

‒ Merci. »

L’archange de la lumière souriait, fier, et Michael se sentit rougir plus encore. Il ne s’attendait pas à tant de compliments, surtout venant d’une personne qu’il venait de critiquer rudement. Apparemment, cela ne perturbait pas l’homme aux cheveux roux.

« Je vais vous laissez, continuait celui-ci. Je sais que vous avez à faire.

‒ Repasse plus tard si tu veux ?

‒ Non sans façons, je dois vérifier que mes anges vont bien. Nous nous verrons demain sans doute. »

Les deux hommes se serrèrent la main. Quand Raguel passa devant Michael, il lui sourit à nouveau et se pencha pour lui murmurer à l’oreille :

« Reste tel que tu es, droit, fier et déterminé. Tu mérites d’être à la tête du clan de la Lumière. »

Alors qu’il sortait, le prince s’assit face à son archange pour lui faire son rapport sur la bataille. Cependant, un pli soucieux barrait son front, qu’il s’efforça de chasser pour se concentrer sur la discussion.

Il n’était pas à la tête du clan des anges de la lumière. Lucifer l’était. Et il espérait de tout son cœur que seul Raguel s’amusait à avoir des pensées aussi horribles que de l’imaginer lui à la place de son mentor, du maître de l’Eden…

 

***

 

Lilith roula sur le ventre pour mieux observer son amant. Astaroth somnolait à ses côtés, allongé sur le flanc, le visage dans l’ombre. Il avait rejeté les draps plusieurs minutes auparavant, et s’offrait à présent à son regard sans gêne aucune.

« Tu es impudique.

‒ Pudeur est pour les anges,» répliqua-t-il d’une voix endormie, presque un ronronnement.

‒ C’est un des points que j’apprécie chez toi, admit-elle en se lovant à lui. En plus de ta beauté, de ta force, de… »

Il l’interrompit en l’embrassant avidement. Venant de tout autre, elle en aurait été vexée, mais Astaroth ne produisait jamais les mêmes émotions que les autres. Il était spécial, et pas seulement à ses yeux à elle, elle le savait ; il faisait cet effet à tout le monde.

« Tu parles trop, lâcha-t-il après avoir rompu le baiser.

‒ Et toi trop peu. D’un autre côté, je préfère quand tu t’occupes à autre chose, dans ce genre de circonstances… »

Il lui adressa un sourire carnassier et roula sur elle. Il dormait presque quelques instants plus tôt, mais elle savait avoir éveillé son intérêt. Celui-ci se donnait en spectacle de façon plutôt évidente.

« Encore envie ? Après la soirée que nous avons passée ?

‒ Tu veux des enfants je pense ? Il leur faut beaucoup de chances d’arriver.

‒ Ca ressemble à une mauvaise excuse…

‒ Tu es belle et tu es dans mon lit. Je n’ai pas envie de perdre du temps à chercher de bonnes excuses. »

Elle rit, ravie, puis frissonna quand les grandes mains de l’archidémon du sang coururent sur sa peau.

« Tu es tellement doué… »

Il se pencha pour mordiller son oreille.

« Saâgh est le Sang mais aussi la Luxure.

Mhh je sais, et j’adore ça. »

Il rit à son tour, et son rire était de ceux capables de se ressentir physiquement. Elle gémit et se serra plus près.

« Alors qu’attends-tu ? »

Elle se cambra contre lui et Astaroth sourit. La nuit allait être longue.

 

***

 

Un épais manteau de nuages cachait le ciel, colmatant toute lumière pouvant émaner des étoiles. Essiah, fatigué, s’était couché depuis plusieurs heures déjà, et en Eden aucune lune ne brillait la nuit. Dans les ombres s’ouvrit un Portail, dont sortit un homme drapé d’une cape. Celui-ci referma son passage, puis frissonna.

Bélial – car c’était lui – regarda vers le haut et soupira. C’était difficile de Monter en ce lieu où son Élément était absent. Il était l’archidémon d’Elvion, la lune, qui n’existait que jusque dans l’Univers, et que son aura cherchait désespérément ici en Haut.

Cependant, ce qui l’avait amené à Alun Hevel était trop important pour qu’il s’embarrasse de ce genre de considérations.

Les ruelles n’étaient pas éclairées à cette heure tardive. Heureusement, car il n’était définitivement pas habillé à la mode angélique. Il comprenait un peu mieux pourquoi Lucifer avait insisté pour qu’ils se voient dans l’Univers lors de leur dernière rencontre.

Il se glissa furtivement vers le centre de la cité. Il n’y était jamais venu, officiellement, et n’était pas passé souvent même officieusement. Après tout, Lucifer était toujours celui des deux qui rendait visite à l’autre. Bélial n’était Monté que pour admirer de ses propres yeux les merveilles que lui avait décrites l’ange, et il avait pris soin de toujours s’envelopper dans une illusion d’invisibilité tissée par ses soins.

Il atteint enfin le bâtiment qu’il cherchait et entra sans faire de bruit. Le manque de système de surveillance, par la magie ou le personnel, le stupéfiait toujours. Les anges étaient beaucoup trop confiants… D’un autre côté, apparemment, personne n’aurait jamais songé à s’en prendre à l’un des archanges, pas même à celui-là, dont la réputation chutait pourtant de jour en jour.

Il monta les escaliers en silence, passa plusieurs pièces, avant d’arriver enfin là où il voulait. La chambre de Lucifer.

Embarrassé, l’archidémon de la lune s’arrêta devant la porte fermée. Que faire, à présent ? Juste toquer ? Il ne voulait pas non plus faire avoir un arrêt cardiaque à celui qu’il était venu visiter et il savait qu’il ne serait de toute façon pas le bienvenu. Alors ?

Pour finir, il traça un sigle dans l’air afin que personne d’autre que Lucifer ne perçoive sa présence. Ensuite, il déploya son aura.

Le cri de surprise qui résonna à côté le fit rire doucement, tout comme la course précipitée qui s’ensuivit. La porte fut ouverte à toute volée et Lucifer apparut, en chemise de nuit, l’air effaré.

« Bélial ? Ici ?

‒ Moi-même, mon ange.

‒ Mais qu’est-ce que tu fiches là ?

‒ Eh bien, je te rends visite ? »

L’archange le dévisagea comme si une seconde tête lui avait poussé. Souriant, le démon lui prit une main pour y déposer un baiser délicat, charmeur.

« Je me languissais de toi. Et puis, tu avais dit que tu ne pourrais plus Descendre.

‒ Ce n’était pas une raison pour que toi, tu Montes ! »

La surprise de Lucifer commençait à se dissiper pour laisser place à la colère. Il retira vivement sa main et empoigna le col de son vis-à-vis.

« Je peux savoir ce qui t’a pris ? Nous sommes en guerre, au cas où tu n’étais pas au courant !

‒ Je suis en guerre avec les anges, avec l’Eden, mais certainement pas avec toi. D’ailleurs, tu ne combats pas.

‒ Nous avons déjà eu cette discussion, et…

‒ Je sais, l’interrompit le démon, mais que veux-tu ? Tu me manquais trop.

‒ Ne sois pas ridicule ! »

Bélial eut un sourire un peu froid, qui fit reculer l’ange. L’expression de celui-ci se modifia à nouveau, passant de la colère à l’inquiétude, presque à la peur.

« Que veux-tu de moi ?

‒ Juste que tu acceptes de me voir.

‒ Tu n’es pas venu jusqu’ici juste pour ça. »

C’était une constatation. L’archidémon secoua la tête et prit à nouveau la main de l’ange, qu’il serra entre les siennes.

« Pourtant si. Lucifer, ne me crois-tu pas quand je dis que je tiens à toi ?

‒ Si, bien sûr… »

Le ton était incertain. L’homme aux cheveux blonds se rapprocha, faisant reculer l’ange jusqu’à ce qu’il se trouve dos contre le mur, les yeux écarquillés. Bélial sourit encore et passa une main dans les courts cheveux noirs de son vis-à-vis, les rajustant d’un geste tendre.

« Je n’en ai pas l’impression.

‒ Tu es bizarre aujourd’hui…

‒ Ne me suis-je pas toujours comporté ainsi ?

‒ Si. Mais la situation était différente.

‒ Pas pour moi. Pas pour nous. »

Lucifer rougit, détournant les yeux. Il semblait troublé et le démon en fut satisfait ; c’était exactement ce qu’il recherchait.

« Laisse-moi venir te voir. Juste comme ça, de temps en temps… Je suis illusionniste, personne ne me verra, et personne ne pourra te reprocher d’être Descendu puisque tu seras juste tranquillement chez toi. Personne ne le saura…

‒ Bélial… Mes responsabilités en Eden…

‒ Sont plus importantes que tout, je sais. C’est pour ça que je n’ai pas insisté pour que tu reviennes en Bas, mais… »

Il se pencha encore plus près et posa ses lèvres sur le front de Lucifer, qui sentit ses joues brûler de gêne.

« … tu me manques trop. Laisse-moi venir, s’il te plaît ? »

C’était contre tous les principes du Premier-né, contre la morale, contre les lois peut-être car cela pourrait être vu comme de la trahison, c’était la dernière chose à faire, l’archidémon le savait. Mais il plongea ses yeux pâles dans ceux de Lucifer et attendit sa réponse. Celle-ci fut donnée du bout des lèvres, presque à contrecœur, dans un murmure.

« C’est d’accord. »

Bélial sourit.

« Merci. »

Aucune autre parole ne fut échangée entre eux ce soir là. Le démon se contenta d’enlacer l’ange et ils se tinrent ainsi, en silence, dans le noir, entourés de secret.

 

 

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