Chroniques d'un
Cycle
Les Enfants de
Sei
Chapitre 5
« Sei eut un jour un fils
puissant avec une mortelle.
Il l’appela Nemess et lui donna
une partie de son Essence afin d’en faire un Élément à part entière.
Ainsi naquit Ténèbres. »
- Livre des savoirs, laissé par
Lyth dans la bibliothèque originelle d’Alun Hevel -
Les
yeux verts étaient à demi voilés par les cils sombres,
le visage étant baissé vers le sol, pourtant, Ketjiko sentait
que le démon le regardait. C’était devenu une habitude au fil
des soirées que d’observer ce délicieux adolescent et d’échanger
avec lui regards et sourires, surtout depuis qu’Ymesh était reparti
et l’avait laissé à nouveau seul à s’ennuyer.
La plupart du temps, le démon était en rage, et parfois il portait
des bleus cachés plus ou moins habilement. Inutile d’être naïf :
il était un esclave peu soumis, doté d’un maître qui voulait
se faire obéir.
Ils ne s’étaient pas reparlé depuis cette première fois
où le Roi Rouge avait pu boire à son cou. Il se souvenait de
la saveur de son sang. Loin d’être excellent – les générations
de sélection des lysaâgh en faisaient des mets bien plus délicat
que ne l’étaient les autres démons – il était cependant
assez bon. Après tout, le seul physique n’expliquait pas comment il
avait pu survivre si longtemps. Sans doute ses maîtres successifs avaient-ils
veillé à ne pas gâcher pareil joyaux.
Le démon releva brièvement les yeux avec une expression de défi,
puis repris une posture plus soumise qui ne trompait personne. Ketjiko avait
eu de nombreux esclaves personnels, bien sûr, mais aucun ne l’avaient
intrigué autant que celui-là.
Quel dommage qu’il ait déjà un maître.
Portant son verre de sang à ses lèvres, il parcourut la foule
du regard – c’étaient toujours les mêmes ska, la même ambiance
lourde et sans intérêt – pour trouver Enij qui comptait fleurette
à une jeune lysaâgh. Apparemment il faisait partie de ceux qui
voulaient croire que leurs esclaves se laisseraient être soumis.
Ketjiko ne comprenait pas cette mentalité. Les démons qu’ils
avaient enlevés étaient des battants et malgré les siècles
passés à subir le joug des ska, ils continuaient à ruminer
leur vengeance en silence. Peu d’entre eux étaient brisés, ils
étaient solides comme le roc et dotés d’une volonté forgée
dès leur plus jeune âge – sans doute d’ailleurs était-ce
là une des causes de leur vassalité. Les ska se seraient lassés
d’esclaves trop serviles.
Le démon pianotait des doigts contre le mur. Ketjiko retint un sourire.
Ainsi, il n’était pas le seul à trouver ce genre de soirée
agaçante. Bien sûr, lui n’était pas obligé de rester
debout en silence comme un cheval parqué dans une étable.
Sans trop savoir ce qui lui passait par la tête, il s’approcha.
« Un problème à la main ? Elle semble vous démanger. »
Surpris, le jeune homme releva la tête et le dévisagea.
« Eh bien, la vôtre ne le ferait-elle pas dans ma position ?
— Sans doute, admit le Roi. J’espère qu’au moins vous appréciez
la musique…
— Pas vraiment, non. »
La réplique était sèche, mais à quoi s’attendre
d’autre ? Celui-là n’était qu’un esclave sans éducation.
Ketjiko se sentait confusément déçu.
« Je préfère le Jensh, pour ce qui est de la musique
vampirique. Mais, à vrai dire, les orchestres elfiques continuent de
vous surpasser, et de loin. Je suis navré de vous l’apprendre, mais
bien que vous autres vampires soyez de fins amateurs d’art, vous n’êtes
pas doués pour ce qui est de le créer. »
Voilà qui était mieux.
« Vous méprisez donc l’art vampirique ?
— Mais quel art, si je puis me permettre, monseigneur ? Les instruments
sont tous d’inspiration elfique ou démoniaque, tout comme les harmoniques
utilisées. Les peintures sont de fades imitations de ce que font les
humains, et de même pour l’architecture. La mode est peut-être
le seul point dissident, mais est-ce vraiment un art ?
— Tout dépend ce que vous entendez par là.
— Eh bien, la mode a avant tout un but fonctionnel, contrairement aux autres
arts qui existent pour le seul plaisir des yeux. »
Le défi était de retour dans les pupilles vertes, doublé
d’un certain amusement. Ketjiko se permit un sourire.
« Voilà un débat que je n’avais encore jamais eu
avec personne.
— Les vampires peuvent-ils débattre avec d’autres créatures
que leurs pairs ? Peu de gens dénigrent leur propre culture.
— Sans doute que non. Les esclaves gardent habituellement leurs commentaires
pour eux. J’ignorais que le seigneur Enij encourageait l’esprit critique. »
Le démon hésita, puis se tut. La référence à
son maître l’avait remis à sa place.
« Au plaisir de vous revoir. » dit encore le Roi avant
de s’éloigner.
Il n’aurait pas dû mettre fin à la conversation de manière
aussi abrupte, mais d’un autre côté, ce comportement risquait
de leur porter préjudice à tous les deux. À moins que…
Pouvait-il s’offrir le caprice d’acheter le démon ? Un jeune rebelle
n’était pas vraiment ce dont il avait besoin en ce moment, mais une
distraction serait bienvenue.
Daliah serait sûrement furieuse. Ce qui était une raison de plus
de procéder.
Ketjiko se dirigea vers un autre esclave pour se servir, histoire de ne pas
focaliser les regards sur celui qu’il convoitait. Tout en buvant le sang qui
coulait de la gorge de sa proie, il continua de peser le pour et le contre.
***
Les
villes jumelles de Sodome et Gomorrhe, placées de part et d’autre du
Styx, étaient connues comme les villes du vice où incubes et
succubes vivaient dans la luxure et la débauche. Cependant, étant
sous la domination de l’archidémone de la Terre, elles étaient
aussi célèbres pour leurs cultures de plantes rares.
Les murs y étaient peints de jaune ou d’orange ; les toits étaient
plats pour la plupart, comme le voulait l’architecture démoniaque typique,
mais certains étaient pentus et couverts de tuiles claires. Le premier
étage des maisons était plus avancé que le rez-de-chaussée,
soutenu par de gros piliers couverts de lierre et de fleurs.
Les plantes y étaient omniprésentes. Des arbres bordaient les
avenues principales ; la plupart des maisons était dotées
d’un jardin ou du moins d’un balcon couvert de verdure. En voyant Gomorrhe
pour la première fois, peu de gens réalisaient qu’il s’agissait
bel et bien d’une des villes du vice qui horrifiaient tant les anges.
Belzébuth sourit en se promenant dans la cité lumineuse. Elle
était aussi bruyante que Pandémonium et les incubes se débauchaient
bien plus que le démon moyen dans les coins sombres, mais elle dégageait
une sensation de sérénité.
« Tu sembles apprécier ma ville », s’amusa Lilith
qui marchait à ses côtés, ravie. « Tu devrais
venir plus souvent pour en profiter.
— Je connais les plaisirs qu’elle recèle. Je n’ai malheureusement pas
le temps de m’y attarder, comme tu le sais. Notre cher prince-démon
a toujours une pile de dossier qui requiert absolument ma présence
à Pandémonium.
— Son système de délégation féodale fonctionne
bien, jugea la démone. Étant donné la croissance des
villes démoniaques ces trois derniers siècles, tu aurais été
fort ennuyé de devoir voyager dans toutes les Abysses pour régler
ces problèmes.
— Avant, les gens venaient à moi pour plaider », grommela
l’archidémon des Ténèbres pour la forme.
Lilith leva les yeux au ciel sans commenter, embrayant plutôt sur le
sujet qui avait amené Belzébuth chez elle.
« Donc, Bélial fait de nouveau n’importe quoi ?
— Disons qu’il s’éclipse et je suis presque certain qu’il Monde en
Eden. »
Elle haussa ses épaules minces.
« Aucun ange ne serait plus assez stupide pour tomber dans le panneau,
pas après la Chute de Lucifer.
— Celle-ci a eu lieu il y a des siècles déjà. Les gens
oublient vite et ils ne l’ont pas vécue, elle n’est qu’une histoire
parmi d’autre.
— Et quand bien même, que crains-tu ? Que la guerre s’envenime ? »
Le ton de la démone était moqueur, presque digne de lui. Il
soupira. Elle avait raison, de quoi s’inquiétait-il ?
« Il ne devrait juste pas faire ça. S’il tente bel et bien
quelqu’un.
— Cesse de te ronger les sangs. Même s’il le fait, cela ne peut que
nous profiter. » Elle changea de sujet. « Comment se
passe l’enquête d’Azazel ?
— Rien de neuf, s’agaça-t-il. Ces parasites de vampires sont doués
pour couvrir leurs traces. »
Elle eut un bruit de mépris.
« J’aurais fait du bien meilleur travail. »
Il sourit, indulgent.
« Tu es bien trop occupée avec les tiens.
— Tu es sûr de ne pas vouloir rester ? Mon dernier-né
fête ses dix ans après-demain.
— Sei, déjà ? Combien en as-tu à présent ?
— C’est mon vingt-sixième », annonça fièrement
la démone.
Belzébuth la fixa, éberlué.
« Tant que ça ? Et ils sont tous d’Astaroth ?
— La plupart. Ma famille a beaucoup grandi, si on compte les descendants de
mes premiers-nés…
— Je ne comprends pas comment tu as fait pour en avoir autant.
— Moins d’un par décade, je trouve ce rythme plutôt correct.
Je me sens vieille quand mes enfants grandissent. »
Elle ne parla pas de leurs morts. Voir les siens mourir était une fatalité
en tant qu’immortel et poussait la plupart à ne pas fonder de famille.
Astaroth s’occupait de ses enfants comme du reste de son clan, sans faire
de distinction, protecteur envers tous ; mis à part lui, Lilith
était la seule à avoir jamais élevé ses fils et
ses filles. Belzébuth avait sans doute lui-même semé quelques
bâtards au travers des Abysses mais il ne s’y était jamais intéressé.
Qui sait, un jour peut-être l’un d’eux aurait un enfant immortel, un
prince-démon au même titre que Lucifer.
« Bien, je te laisse. Je suivrai ton conseil et ne poserai aucune
question à Bélial. Bien sûr, j’essayerai de repasser…
Sinon, tu sais que tu es la bienvenue à Pandémonium. Le palais
que nous y avons construit n’est pas que le mien. »
Il déposa un tendre baiser sur le dos de sa main, la faisant sourire,
puis se fondit dans les ombres pour rentrer chez lui.
***
Lilith
lissa sa tunique d’une impulsion mentale. Ses talons claquaient sur les pavés
clairs des rues alors qu’elle se dirigeait vers chez elle. Cette histoire
avec Bélial n’avait aucun sens – mais bien sûr, avec un démon
aussi idiot que celui-là… Elle savait que Belzébuth et Astaroth
l’adoraient, et elle-même l’appréciait, mais malgré le
fait que son âge était presque égal au leur ils ne pouvaient
s’empêcher de le considérer comme leur petit frère plutôt
que leur pair. Sans doute parce qu’il se comportait comme tel.
Une fois arrivée au palais – qui n’était qu’à peine plus
grand que les autres bâtiments de la ville – elle s’empressa de vérifier
que tout était prêt pour la fête du surlendemain. Une fois
sûre que les musiciens étaient arrivés, que le cuisinier
était occupé à confectionner les plats et que ses plantes
décoratives s’enroulaient correctement autour des colonnes, elle se
permit de se détendre et prit le chemin de la bibliothèque.
Celle-ci n’avait pas la prétention de son équivalent de la capitale,
Lucifer ayant une véritable passion des livres contrairement à
elle, mais restait malgré tout de taille respectable. Bien sûr,
la plupart des grimoires et autres parchemins traitait des plantes et de la
façon de s’en occuper. Quelques rares autres parlaient de magie, d’histoire,
de géographie abyssale.
Les hautes fenêtres donnaient aux personnes intéressées
assez de lumière pour y rester tout au long de la journée et
quelques tables étaient installées pour éviter que les
livres soient emmenés à l’extérieur – contrairement à
la plupart des démons, elle considérait qu’ils étaient
trop utiles pour être abîmés ou oubliés. D’habitude
la pièce était vide, mais ce jour-là quelqu’un occupait
un des sièges.
Lilith sourit en voyant son invité trop absorbé par sa lecture
pour remarquer son entrée. Installé entre deux piles de livres
– ceux qu’il avait déjà lus et ceux qu’il devait encore consulter
– il s’était installé à son aise depuis son arrivée,
trois jours plus tôt, et plutôt que de profiter des plaisirs de
la ville qui, après tout, ne devait pas sa réputation à
rien, il n’avait bougé de la bibliothèque que pour admirer les
vergers.
À vrai dire, elle en était flattée. Après tout,
étant de l’Élément Terre, elle était la plus grande
spécialiste des Abysses dans le domaine, et probablement des Trois
Mondes réunis.
Elle s’approcha à pas feutrés, mais cette fois il l’entendit
et leva les yeux d’un air un peu perdu.
« Votre Altesse ?
— Bonjour, Kamu. Navrée, je ne voulais pas te déranger. »
Il se secoua, revenant au monde réel.
« Vous ne me dérangez jamais, vous le savez bien. Après
tout, vous possédez bien plus de connaissances sur le sujet que n’en
referment ces livres. »
Elle aimait être flattée, tout le monde le savait, mais Kamu
semblait toujours ne dire que l’exact contenu de ses pensées, ce qui
était encore plus valorisant.
« Je ne vous ai pas encore demandé pourquoi vous vous intéressez
tant aux plantes.
— À vrai dire, je m’intéresse à beaucoup de sujets, mais
mon voyage m’ayant amené aux portes de Gomorrhe, j’ai décidé
d’approfondir celui-là.
— Ce n’est pas ce que la plupart des gens viennent chercher ici »,
s’amusa l’archidémone.
L’homme eut un sourire paisible, comme s’il riait d’une plaisanterie connue
de lui seul, et ne releva pas.
Kamu était un mystère. En effet, il était arrivé
comme voyageur et avait demandé la permission de consulter les ouvrages,
mais il ne parlait que peu de lui-même ou de la raison qui l’avait poussé
à entamer un tel périple. Cependant, quand ils discutaient –
et cela arrivait régulièrement – il s’avérait être
un puits de science et de culture. Visiblement, son voyage n’avait pas commencé
la veille, et il avait vu une grande partie des Abysses.
Tout cela était très intriguant d’autant plus que l’homme, charmant
au demeurant, avait un petit secret que Lilith n’avait eu aucune peine à
découvrir pour sa part. Elle avait néanmoins préféré
cacher sa présence à Belzébuth qui, lui, en aurait sans
doute fait un scandale.
« J’espère que vous trouvez ce que vous cherchez, en tout
cas. N’hésitez pas à me poser des questions si vous en avez.
— Eh bien justement, je voudrais avoir votre avis, déclara-t-il. Voyez-vous,
ce livre prétend que les feuilles d’alériane sont excellentes
pour l’estomac lorsqu’elles sont servies en infusion. Je croyais pourtant
que cette plante était réputée en tant que poison ?
— Une erreur courante. Seules ses baies sont empoisonnées. Ses racines
peuvent servir d’épice sans aucun danger, et les feuilles ont en effet
des propriétés curatives. »
Elle tira une chaise pour s’asseoir, profitant de ce regard brun posé
sur elle qui la détaillait sans luxure aucune, fasciné non par
son esprit plutôt que son physique.
***
Les
deux corps se pressaient l’un contre l’autre, avides, parcourus de frémissements.
Un dos s’arqua alors que des doigts moites se refermaient sur des draps déjà
froissés. Un bruit, trop rauque pour être un gémissement
et trop faible pour être un grognement, s’échappa des lèvres
de la démone de sang.
Une main saisit ses cheveux rouges et les tirèrent pour dévoiler
un peu plus sa gorge, et des crocs s’enfoncèrent, encore et encore,
dans la chair offerte. Pour chaque goutte bue, un plaisir exponentiel se déversait
en échange dans ses veines, et elle eut du mal à retenir un
autre son.
Naâsh termina de se rassasier puis la relâcha, légèrement
haletant. Ils restèrent l’un contre l’autre sans bouger pendant quelques
instants avant que le vampire se décide à rouler sur le côté,
libérant son esclave de son étreinte.
« Tu n’y as pas été de main morte, cette fois »,
marmonna Raj en se frottant le cou d’une main. « Étais-tu
à ce point affamé ? »
Le prince ne répondit pas tout de suite, fixant le plafond. La démone
l’observa un moment, appuyée sur un coude.
« Eh bien ? Te mets-tu brusquement à croire que le
plâtre moulé continent les plus grands secrets des Trois Mondes
pour le regarder avec tant d’intensité ?
— Que penserais-tu d’être liée à un vampire, Raj ? »
La question la prit par surprise, mais très vite, elle éclata
de rire.
« Ne te fiche pas de moi, ô maître sérénissime.
Tu sais bien que nous, démons de sang, sommes rendus dépendants
à vos morsures dès notre plus jeune âge, de façon
à mourir de manque si par malheur nous devions nous échapper.
— Ce n’est pas un calcul si complexe qui vous rend dépendants. Vous
êtes utilisés comme nourriture et c’est là la seule raison
pour laquelle vous êtes bus avec tant de régularité. »
Raj haussa une épaule.
« Tu es bien naïf, pour un être de ta race.
— Tu n’as pas répondu à ma question.
— Pourquoi ? Tu voudrais que je devienne ton Calice ? »
Le ton était mordant, presque acide, et Naâsh soupira. Il savait
bien sûr que comme tous les esclaves, Raj aspirait à la liberté.
Pourtant, il l’appréciait, et il avait l’impression que le sentiment
était réciproque. Évidemment, difficile de juger avec
son caractère de porc-épic.
« Soit, oublie ça. »
Il attira la démone à lui pour lécher les quelques gouttes
de sang qui lui avaient échappées et coulaient à présent
sur la peau mate, et remonta à son cou pour refermer les petites plaies
en quelques coups de langue. La salive vampirique avait une capacité
régénératrice, limitée mais toujours utile dans
des cas pareils. Raj se détendit.
Les vampires ne font confiance à personne. La confiance est une idiotie,
elle n’existe que pour les faibles. Peut-être était-ce à
cause de cette mentalité que la seule façon pour eux de s’attacher
quelqu’un était de soumettre cette personne et de s’assurer de sa fidélité
par un lien que rien, pas même Mort, ne pouvait briser.
Il était bien triste d’être un ska, décida Naâsh.
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