Titre : Entre ombre et lumière
Auteur : Ephy
Genre : fantasy
Entre ombre et lumière
Il y en a qui ont peur ; d’autres qui espèrent. Il y
en a qui chantent pour oublier. Il y en a qui rient, d’autres qui pleurent.
Mais il y en a aussi qui n’oublient jamais. Qui ont perdu espoir. Qui ne se
laissent pas aller et qui pensent qu’ils ne méritent même plus de rire.
Il y en a qui vivent, d’autres qui survivent, ou sont déjà
morts.
Ils ont renoncé à être pardonnés un jour, par eux-mêmes ou
par le reste du monde. Ils continuent leur descente aux enfers parce que c’est
le seul chemin qui pour eux n’est pas mensonger. Comment pourraient-ils passer
à autre chose, eux pour qui l’innocence n’est qu’un mot, une fabulation ?
Ils n’ont jamais été purs. La vie –leur vie- n’est pas pour les faibles.
Ils se cachent entre ombre et lumière, les enfants de la
lune. Leur mère froide ne veille pas sur eux. Indifférente, elle les observe
remuer, superbe mais hors d’atteinte. Et eux, voulant inconsciemment attirer
son attention par leur force, ravalent cris et larmes pour se montrer aussi
glaciaux qu’elle ; beaux masques de marbre devant leurs visages apeurés.
Ils rêvent d’être eux aussi près de la chaleur des
flammes, près des autres. Ils ne l’admettent cependant pas. Ce serait une
preuve de faiblesse… et ils ne pensent pas le mériter. Pourtant, eux aussi ont
froid et le gel les ronge de l’intérieur, si fort que ceux qui tentent de
toucher la flamme se font brûler.
Ils restent donc là, s’enfonçant dans les ombres, s’observant
les uns les autres avec méfiance. La confiance est une utopie pour eux. Seuls
ceux là bas au chaud peuvent se la permettre ; eux ont bien trop peur
d’ouvrir leurs cœurs fragilisés par le froid et la solitude.
Seul un enfant de la lune peut en reconnaître un autre.
Ceux qui parviennent malgré tout à les distinguer s’empressent de rentrer chez
eux pour mieux les oublier. Mais, parfois, rarement, quelqu’un est intrigué.
Par fois, presque jamais, c’est une de ces personnes avec la chaleur en dedans,
de celle qui ne brûle pas mais fait fondre le gel. Fasciné, il y aura toujours
un enfant de la lune pour tenter de lui prendre la main, réussir par
miracle ; et son sourire fait tomber le masque et l’amène au soleil.
Les enfants de la lune appellent ces êtres surnaturels
« anges ».